L’Association Nationale de l’Âne Normand et l’Association de l’Âne du Cotentin portent un projet commun de structuration de la filière asine normande. Prévu sur trois ans, de 2025 à 2027, il est animé par la Fédération Races de Normandie et bénéficie du soutien de Trait et Ânes de Normandie.

Deux races normandes menacées
Autrefois employés dans les fermes pour le transport du lait et la traction des outils agricoles, les ânes ont progressivement perdu leurs usages au cours du XXe siècle. Cette évolution a entraîné une forte diminution de leurs effectifs.
L’Âne normand compte environ 1 000 individus en France. Seulement 26 naissances ont été enregistrées en 2023. L’Âne du Cotentin représente environ 2 000 individus, avec 60 naissances recensées la même année.
Le projet vise à préserver ces deux races en développant des débouchés adaptés à leurs qualités : loisirs, tourisme, travail agricole et territorial.
Augmenter les effectifs
Le premier axe concerne l’augmentation du nombre d’animaux. Le projet prévoit notamment de tester les reproducteurs pour les gènes liés à certaines couleurs de robe et de soutenir une recherche sur le génotypage du gène noir chez l’âne.
Des formations seront également proposées aux éleveurs et deux kits de surveillance des mises bas Easyfoal seront acquis puis mis à leur disposition. Ces actions doivent contribuer à améliorer le suivi de la reproduction et à diminuer les pertes d’ânons.
Favoriser la professionnalisation des âniers
Le deuxième axe porte sur la transmission des connaissances. Des temps d’échange doivent être organisés dans les exploitations afin que les éleveurs et les utilisateurs puissent partager leurs pratiques sur différentes thématiques : choix des reproducteurs, manipulation des ânons, suivi de la gestation ou réglage du matériel de bât et d’attelage.
Des vidéos et des fiches techniques seront également réalisées. Des démarches sont par ailleurs prévues auprès de la Fédération Française d’Équitation et de l’Institut français du cheval et de l’équitation concernant la création d’une formation diplômante consacrée au métier d’ânier.
Développer de nouveaux débouchés
Le troisième axe vise à mieux structurer et promouvoir les utilisations de l’âne. Le tourisme et la randonnée bâtée font notamment partie des activités étudiées.
Le projet prévoit de recenser les professionnels, les hébergements et les circuits de randonnée, puis de créer des supports présentant les prestations pouvant être réalisées avec des ânes. Des actions de prospection et d’accompagnement seront également conduites auprès des communes, des agriculteurs, des organisateurs d’événements et des porteurs de projets.
Un programme conduit jusqu’en 2027
Des formations, des outils techniques, des supports de communication et des actions de mise en relation seront progressivement déployés pendant les trois années du projet.
À son terme, un rapport dressera le bilan des actions menées pour augmenter les effectifs, professionnaliser les âniers et développer les débouchés des deux races asines normandes.
